Bulletin d’information sur l’édition scientifique Numéro 10

Ceci est le dixième numéro du bulletin d’information visant à mieux informer la communauté
mathématique (et d’autres) sur les questions liées à l’édition scientifique. N’hésitez pas à le
faire circuler autour de vous et notamment dans votre laboratoire et/ou établissement.
Bonne lecture !

Bulletin d’information sur l’Edition Scientifique n°10 décembre 2022 BulletinEditionScientifique_08

1. RÉFORME DE L’ÉVALUATION AU NIVEAU EUROPÉEN : LE CNRS PARMI LES
PREMIERS SIGNATAIRES
2. MDPI, FRONTIERS,… : LES ÉDITEURS DE LA ZONE GRISE
3. ACCÈS OUVERT : LE CNRS ANALYSE LES PRATIQUES DE SES CHERCHEURS
4. CARNET ROSE : OPUS, LA NOUVELLE PLATEFORME ÉDITORIALE D’UNIVERSITÉ
PARIS CITÉ

1. RÉFORME DE L’ÉVALUATION AU NIVEAU EUROPÉEN : LE CNRS PARMI LES
PREMIERS SIGNATAIRES
La Commission européenne est à l’initiative d’une coalition pour réformer l’évaluation de la
recherche (évaluation individuelle, des projets de recherche et des organismes de
recherche). Le CNRS figure parmi les premiers signataires de l’accord défendu par cette
coalition. Selon Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS, “s’affranchir
d’une évaluation quantitative basée sur les seules publications est au cœur de la démarche,
en s’appuyant davantage sur l’évaluation qualitative par les pairs. Cela implique
d’abandonner l’utilisation systématique des indicateurs bibliométriques (impact factor,
H-index, etc.) pour évaluer la qualité de la recherche individuelle, et d’éviter l’utilisation des
classements internationaux des institutions dans les critères d’évaluation des organismes.
[…]. Nous travaillons également avec les sections et commissions du Comité national de la
recherche scientifique (CoNRS) pour améliorer les critères d’évaluation pour les décisions
de recrutement, titularisation et promotion. Toute référence à des indicateurs quantitatifs,
notamment basés sur les publications, est en cours d’éradication ”.

Pour en savoir plus :

https://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/reforme-de-levaluation-des-scientifiques-le-cnrs-parmi-les-pre
miers-signataires

2. MDPI, FRONTIERS,… : LES ÉDITEURS DE LA ZONE GRISE
Jusqu’à il y a peu de temps, les choses étaient simples : il y avait d’un côté les revues
sérieuses (sélectionnant les articles après une réelle évaluation par les pairs) et les revues
dites prédatrices (prêtes à accepter n’importe quel article… moyennant le paiement d’APC).
Avec l’émergence des éditeurs MDPI et Frontiers, une nouvelle catégorie est apparue,
qualifiée par certains d’éditeurs de la zone grise. Ces éditeurs ont la particularité de publier à
la fois des revues sérieuses, mais aussi des revues ayant des pratiques douteuses. Cela a
amené plusieurs établissements à s’interroger sur la position à adopter vis-à-vis de ces
éditeurs. Ci-dessous quelques prises de position émanant d’institutions ou de chercheurs.

INRAE : Publier ou ne pas publier dans les éditeurs « de la zone grise » comme
MDPI ou Frontiers ?
Cirad : Le Cirad a pris position sur MDPI et le considère comme un éditeur
prédateur : https://agritrop.cirad.fr/601528/
Billet de Blog de Paolo Crosetto : Is MDPI a predatory publisher?
Extrait : “So, is MDPI predatory or not? I think it has elements of both. I would name their
methods aggressive rent extracting, rather than predatory. And I also think that their current
methods & growth rate are likely to make them shift towards more predatory over time. MDPI
publishes good papers in good journals, but it also employs some strategies that are proper to
predatory publishers. I think that the success of MDPI in recent years is due to the creative
combination of these two apparently contradicting strategy. One — the good journals with
high quality — creates a rent that the other — spamming hundreds of colleagues to solicit
papers, an astonishing increase in Special Issues, publishing papers as fast as possible —
exploits.This strategy makes a lot of sense for MDPI, who shows strong growth rates and is
en route to become the largest open access publisher in the world. But I don’t think it is a
sustainable strategy. It suffers from basic collective action problems, that might deal a lot of
damage to MDPI first, and, most importantly, to scientific publishing in general.”
Billet de Blog de Dan Brockington : “MDPI Journals: 2015-2020”
Extrait : “If anything the anxieties may well have increased because this growth entails
practices which can make mistakes easier. The financial reasons for these practices are more
obvious than their academic merits. It is not clear how quality is maintained, or standards
increased, as publications have accelerated while processing times have decreased. [….].
But if it mistaken to tell only one story about MDPI journals, it would also be brave to tell more
than two. The strenuous efforts of some journals’ editors and staff to do good rigorous work is
one story, but the dominant, and most prominent, tale is of growth. 94 of 176 journals for
which data are available increased the number of papers they published by at least 25% in
2020. These accounted for over 90% of the estimated APC of the 176 journals – and over
170 million Swiss francs.”

3. ACCÈS OUVERT : LE CNRS ANALYSE LES PRATIQUES DE SES CHERCHEURS
“Comment se caractérise la production scientifique du CNRS ? Revues et éditeurs clés,
place de l’accès ouvert, spécificités des disciplines… Le CNRS publie une analyse des
pratiques de publications au sein de l’organisme et propose quelques pistes pour faciliter le
libre accès aux résultats de recherche.”

Pour en savoir plus :
https://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/acces-ouvert-les-pratiques-des-scientifiques-analysees

4. CARNET ROSE : OPUS, LA NOUVELLE PLATEFORME ÉDITORIALE D’UNIVERSITÉ
PARIS CITÉ
Dans le cadre de sa politique de Science ouverte, Université Paris Cité lance OPUS, une
« plateforme éditoriale publiant des revues et monographies en accès ouvert, réalisées ou
coordonnées par des membres de l’université”. Initiée dans le cadre de l’IdEx « Université
Paris Cité », OPUS accueillera dans un premier temps les actes d’un colloque en histoire de
la santé, une revue de neurologie et un manuel d’enseignement en physique.

Pour en savoir plus : https://opus.u-paris.fr

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