Vers l’édition scientifique 4.0 ?

À l’ère du tout numérique, et à l’image du web, l’édition vit une évolution majeure vers de nouveaux paradigmes qui la sous-tendent. L’édition scientifique est passée par plusieurs étapes : « enrichie » puis « structurée », elle utilise désormais les technologies du web sémantique et du web de données, et continuera d’évoluer suivant les technologies et leurs applications. Elle vit également un bouleversement par la remise en cause des modèles économiques classiques. Son avenir se situe désormais dans sa capacité à gérer les connexions intelligentes entre le réel et le virtuel, entre les objets éditoriaux divers dont les standards seront ouverts et universels.

L’utilisateur/trice de la littérature scientifique sera au cœur du système : en contribuant, lisant, commentant, évaluant… C’est la notion même d’auteur/trice qui devra être revisitée, révélant sa capacité à connecter usages, données, savoirs et connaissances pour donner un sens « éditorial » aux résultats scientifiques. Dans ce contexte, quels seront nos métiers, comment interviendront les professionnel·le·s, quelle place tiendrons-nous dans ce dispositif ? Quels seront les outils de demain ? Quels seront les usages ? Comment conserverons-nous toutes ces données, leurs liens, leur interopérabilité ?

Beaucoup de questions auxquelles les 8es journées du réseau Médici tenteront d’apporter de précieux éclairages.

Le peer review à l’ère de l’open science : enjeux et évolutions

Les formes traditionnelles du peer review font régulièrement l’objet de critiques de la part des chercheurs eux-mêmes : le processus est jugé lent, coûteux et opaque. L’abondante littérature sur le sujet souligne également d’autres écueils du peer review  (Souder 2011) : les biais en faveur d’auteurs issus de prestigieuses institutions ; un traitement inéquitable selon le niveau de maîtrise d’anglais des auteurs ; le risque de privilégier les résultats au détriment de la méthode, l’application de procédures inadaptées à l’évaluation de manuscrits à fort caractère interdisciplinaire ; et plus généralement, un tropisme pour ce que L. Souder nomme « scientific conservatism » (Souder 2011:55).

Par ailleurs, alors que le nombre d’articles augmente de manière exponentielle, les revues sont confrontées à la difficulté de trouver des rapporteurs. M. Kovanis et ses co-auteurs (Kovanis et al. 2016) alertent sur les atteintes à la qualité du processus engendrées par la sur-sollicitation d’un nombre restreint de rapporteurs. De plus, la pénurie de rapporteurs est aggravée par le fait que l’évaluation ne porte plus seulement sur des manuscrits mais s’étend désormais également à des jeux de données, du code informatique par exemple. Ainsi que le soulignent B. Lawrence et ses co-auteurs (Lawrence et al. 2011:11), le peer review de données sources nécessite de recourir non seulement aux compétences de spécialistes de la discipline, mais aussi de s’appuyer sur des experts techniques.

Autre paradoxe du peer review : alors que la publication d’articles dans des revues considérées comme prestigieuses reste déterminante dans l’attribution de financements et de promotions, l’activité de reviewing s’avère peu ou mal valorisée.

Selon J.P. Tennant et ses co-auteurs (Tennant et al. 2017), grâce aux possibilités offertes par l’édition numérique, nous assistons à une période d’expérimentation et d’innovation dans le domaine du peer review. Or si des outils répondent aux besoins de traçabilité et d’interopérabilité, il s’agit moins d’une évolution technique que culturelle.

Dans quelle mesure le paradigme de l’open science peut-il apporter des réponses à la crise du peer review ? Par ailleurs, de quoi l’open peer review est-il le nom ?

Quels sont les impacts sur le peer review de la logique de décloisonnement inhérente à l’open science?

De quelle manière les institutions de recherche peuvent-elles jouer un rôle plus actif dans un écosystème de la publication dominé par les éditeurs ? La publicisation des évaluations renforce-t-elle ou fragilise-t-elle les reviewers?

Publications, Open Access, etc. : une liste de liens utiles

Frédéric Hélein, Professeur à l’Université Paris 7 et directeur scientifique du RNBM, met à disposition de la communauté scientifique une liste de liens utiles liés à l’édition et au libre accès. Cette liste aborde divers aspects : évaluation, appels et manifestes, initiatives, actualités par pays, droit d’auteur, exploration de données, etc.

Consulter la liste : https://webusers.imj-prg.fr/~frederic.helein/editio.html

Nouveaux lieux, nouvelles compétences, nouveaux usages. Quels critères de qualité dans de nouveaux espaces de circulation du savoir ?

Le groupe de travail Dialogu’IST propose son cinquième atelier, le mercredi 29 novembre 2017, portant sur « Nouveaux lieux, nouvelles compétences, nouveaux usages. Quels critères de qualité dans de nouveaux espaces de circulation du savoir ? ».

Seront mis en exergue l’évolution des activités des professionnels de l’information, avec des savoir-faire émergents, des métiers innovants – comme le data librarian – des partenariats pertinents en vue de répondre aux objectifs en lien avec l’évaluation de la recherche et ce, dans le cadre de la loi pour une République numérique. Les intervenants issus de la BnF, du CNRS, de l’Inserm, de l’Université proposeront des témoignages et des retours d’expériences sur ce sujet complexe, qui nécessitera d’autres discussions au cours de prochains ateliers Dialogu’IST programmés en 2018 et 2019.

Basé sur la dynamique d’échanges libres et spontanés, l’atelier en visioconférence permet de donner la parole à tous les acteurs concernés, scientifiques et professionnels de l’information.

Fondation MathOA : Mathematics in Open Access

MathOA, fondation créée sur le modèle de LingOA, a pour but de faciliter et d’accélérer le transfert des revues mathématiques détenues par les grands éditeurs vers un modèle appelé Fair Open Access (Fair OA). Dans le cadre de cette démarche, la fondation réunit des informations sur les services de publication, collecte des financements et accompagne les comités de rédaction qui souhaitent intégrer ce nouveau modèle.

En 2017, MathOA a accompagné le comité de rédaction de « Journal of Algebraic Combinatorics » qui a quitté Springer pour créer la nouvelle revue Fair OA « Algebraic Combinatorics ».

MathOA est membre de la Fair Open Access Alliance.

MathOA est soutenue par :
– le Centre Mersenne
– le CWI (Centrum Wiskunde en Informatica – Center of Mathematics and Computer Science) Amsterdam,
– the Foundation Compositio Mathematica,
– le RNBM (Réseau National des Bibliothèques de Mathématiques),
– la TIB (Technische Informationsbibliothek – German National Library of Science and Technology)

Liens
Site web de la fondation : http://www.mathoa.org/
Fil Twitter : @oa_math

Appel de Jussieu : soutien et recommandation du Conseil Scientifique de l’Insmi

Elaboré par un collectif français de chercheurs et professionnels de l’édition scientifique, l’Appel de Jussieu « s’adresse aux communautés scientifiques et aux établissements de recherche en vue de promouvoir un accès ouvert aux publications scientifiques qui encourage la bibliodiversité et l’innovation et n’implique pas le transfert exclusif des abonnements vers les APC ( frais de publication en auteur-payeur). »

Le conseil scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (INSMI) du CNRS a récemment apporté un soutien sans réserve à cet appel.

Consulter l’appel en ligne : jussieucall.org/index-FR.html

L’Épijournal de Géométrie Algébrique EPIGA

Né il y a quelques mois, l’Épijournal EPIGA publie des articles originaux dans le domaine de la géométrie algébrique au sens large. Ce journal est hébergé par la plateforme Épisciences maintenue par le Centre pour la Communication Scientifique Directe. La publication dans un épijournal est sans frais à la fois pour les auteurs et pour les lecteurs.  Un article paru dans la Gazette des mathématiciens en octobre 2016 revient sur la naissance de ce journal; il est disponible en cliquant ici.

Connaître vos droits pour diffuser vos articles en open access | LILLIAD

LILLIAD Learning center Innovation met à la disposition des chercheurs un outil pour déterminer les droits et obligations relatifs à la diffusion de leurs publications en libre accès. Rapide et efficace, cet outil permet de connaître en quelques clics les conditions de diffusion des articles et de télécharger une fiche d’analyse personnalisée de sa situation.

Tester l’outil : https://decadoc.typeform.com/to/W2ZZMV

Source : LILLIAD – Connaître vos droits pour diffuser vos articles en open access

Éviter les éditeurs prédateurs, en 5 points | CoopIST- Cirad

Sur le web, les éditeurs de pseudo-revues scientifiques, ou éditeurs prédateurs, profitent du besoin qu’ont les chercheurs de publier et du modèle auteur-payeur de la publication en libre accès. Le but des éditeurs prédateurs (predatory publishers) est de gagner de l’argent sans se soucier de promouvoir ni de pérenniser les résultats de la recherche scientifique. Le processus éditorial, la gestion financière et le fonctionnement de leurs revues sont opaques et sans rigueur scientifique.

Source : Coopérer en information scientifique et technique – Cirad – Éviter les éditeurs prédateurs

Publier autrement !

Le système de publication scientifique a largement évolué depuis le début des années 2000, tant sur la forme des supports et leurs contenus que sur le mode de diffusion et d’accès aux résultats de la science.

Si le développement de l’édition numérique a permis de diffuser les connaissances vers un plus large public, il a aussi engendré bon nombre de dérives qui amènent aujourd’hui les chercheurs et leurs institutions à vouloir repenser le système de publication scientifique. Le débat sur l’open access focalisé sur les changements de modèles économiques (auteur-payeur vs lecteur-payeur) occulte souvent des évolutions plus profondes associées à des besoins de communication rapide vers tous publics, de transparence, de réutilisation des résultats ou de reproductibilité et globalement de qualité de la recherche.

Ce séminaire s’articulera en deux temps, la première journée, ouverte aux personnels Inra et non Inra des UMR impliqués dans l’édition de revue (de reviewer à editorial board), permettra d’appréhender les différentes facettes des évolutions en cours. La deuxième journée sur invitation, réservée aux équipes Inra impliquées dans des projets éditoriaux sera plus spécialement focalisée sur la politique de l’institut.

Ressources :

Diaporamas de présentation des intervenants

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